vendredi 15 mai 2009

Comment faire un four-sans-feu

Depuis quelques années nous utilisons quotidiennement un four-sans-feu pour préparer le riz, l'avoine et d'autres céréales, et aussi pour les haricots, les lentilles et autres légumineuses. Mine de rien, ça a été un grand changement dans notre vie, voilà pourquoi je voulais en parler ici.

Un four-sans-feu est simplement fabuleux!

Tout d'abord, il rend la vie tellement plus facile. Il réduit le temps que vous passez à la cuisine de manière significative et, même si vous oubliez complètement ce qui est en train de se préparer, vos aliments ne seront jamais brûlés. Et puis il n'utilise pas d'énergie du tout. C'est donc facile, économique et écologique en même temps.

Avec un four-sans-feu 5 minutes de travail sont suffisants pour préparer toute une casserole de riz entier - et vous ne dépensaerai pas plus d'énergie que nécessaire pour mettre vos ingrédients à ébullition. Une fois que l'eau bout, pas besoin de continuer à chauffer - vous éteignez le feu, vous transférez la casserole dans le four sans feu, et vous pouvez allez faire une promenade dans le parc ou même aller dormir sans soucis pendant que votre four-sans-feu s'occupe du reste. Lorsque vous revenez de votre promenade ou que vous vous réveillez le matin, le riz est parfaitement cuit et encore chaud, prêt à servir.

Toutefois, utiliser un four-sans-feu implique un minimum d'organisation. Vous invertirez vous-même beaucoup moins de temps dans la préparation des aliments (en déléguant la plus grande partie à votre four-sans-feu, sans soucis), mais l'ensemble du processus prendra plus de temps. Le riz ou les lentilles peuvent être cuits en 1,5 à 2 heures environs dans un four-sans-feu; les haricots ont facilement besoin de 6 heures, et peut-être même un second tour (donc porter de nouveau à ébullition et remettre dans le four-sans-feu) de quelques heures. Vous pouvez bien sûr trouver un compromis: faire cuire les haricots pendant deux heures sur le feu, et encore deux heures dans le four-sans-feu, au lieu de 3 heures sur le feu, par exemple.
Par contre, le four-sans-feu a l'avantage que ça n'a vraiment pas d'importance si les aliments restent dedans plus que nécessaire, même pendant des heures - tandis que si on n'enlève pas à temps la casserole du feu classique, quelques minutes de retard peuvent signifier la perte de toute la casserole de nourriture, parce que ça sera crammé. Donc ça peut être beaucoup moins de prise de tête d'utiliser le four-sans-feu, même si ça prends plus de temps.

Et n'oubliez pas de tremper les céréales et légumineuses pendant 8-12 heures d'abord - pas seulement pour améliorer la digestibilité et l'absorption des minéraux, mais aussi pour réduire les temps de cuisson. Sinon, le riz complet restera résistant, un peu élastique, et ça sera difficile de cuire complètement les haricots.

Donc, voici comment faire un simple four-sans-feu. Le principe est fort simple: isoler la casserole de l'air froid qui l'entoure, pour que toute la chaleur reste dedans. Donc au lieu de la chauffer sans arrêt par en bas et de laisser échapper sans arrêt la chaleur par le haut (comme sur la cuisinière), conserver la chaleur déjà présente.

1. La manière la plus simple est d'enroulez votre casserole dans une ou plusieures couvertures chaudes, de telle manière que le paquet ne s'ouvre pas par lui-même. Vous pouvez faire cela avec un morceau de ficelle ou une corde, ou plier les coins, ... (Il paraît qu'avant, on mettait tout simplement la casserole chaude dans le lit pendant la journée...) Ou vous pouvez utiliser une boîte de carton (le carton lui-même isole aussi), la fourrer d'une ou plusieures épaisseurs de couvertures, placer la casserole dedans, et fermer les couvertures là-dessus, ainsi enveloppant la casserole complètement dans les couvertures. La boîte aidera également à stabiliser le tout, et est donc hautement recommandé pour la facilité d'usage et la sécurité - sans elle, vous risquez de renverser la casserole enveloppée. En termes d'efficacité de cuisson, cette manière simple est tout aussi bonne que n'importe quel autre four-sans-feu plus sophistiqué.

2. Si vous avez envie de vous faire un four-sans-feu plus durable et pratique, vous pouvez coudre une sorte de sac en tissu adapté à la taille de votre casserole (mieux vaut un peu trop grand que trop petit), et qui est au moins 10-15 centimètres plus haut qe celle-ci. Ensuite, cousez un autre sac qui est 3-5 cm (ou plus) plus grand de tous les côtés, mettez le petit sac à l'intérieur du sac plus grand, et fourrez l'espace entre les deux avec de la laine (en vrac, ou des bouts de vieux pulls propres), ou tout autre matériel isolant. Cousez les bords en haut des sacs ensemble de sorte que le matériel isolant ne puisse pas sortir. Ensuite, faites une sorte de coussin rempli avec le même matériau isolant qui est de la même taille ou un peu plus grand que l'ouverture de votre sac isolé. Le coussin servira de couvercle du sac isolé, donc faites-le de sorte que l'ouverture peut être bien bouchée par le coussin et que la chaleur à l'intérieur du sac ne puisse pas s'échapper. L'idée est donc simplement de faire une sorte de "sac thermo".

Amusez-vous bien en cuisinant pendant que vous ronflez dans votre lit...

P.S. Quelques mots sur la sécurité alimentaire. Nous avons préparé des céréales et des légumineuses dans des fours sans feu pendant plusieures années, et jamais eu de problèmes. Toutefois, si des aliments restent trop longtemps dans un four sans feu (plus de 10 heures par exemple), ils peuvent tomber en dessous des températures qui sont sans danger pour conserver les aliments pendant longtemps. Certains micro-organismes sont à leur plus actifs entre 50-70 °C, donc il est prudent de ne pas laisser la nourriture pendant de longues périodes à ces températures dans ces circomstances incontrôlées. Nous avons aussi utilisé le four sans feu pour préparer des légumes, mais ne faisons plus ça, car il est peu utile (les légumes sont très rapidement prêts de toute façon), aussi ayant la question des nitrates à l'esprit. Et enfin, nous ne préparererons certainement jamais des aliments non-végétariens dans un four sans feu (en particulier le poissons, les fruits de mer, la viande et les oeufs ...). Nous ne faisons que partager notre expérience ici d'avoir utilisé des fours sans feu pendant plus de 3 ans sans aucun problème, mais ne pouvons fournir aucune garantie quant à sa sécurité, bien sûr.
Une manière d'augmenter la sécurité est de mettre à ébullition les nourritures préparées dans le four sans feu juste avant de les manger.

jeudi 14 mai 2009

Recette: lait d'avoine MALTE fait-maison

Ca fait pas mal de temps que je me suis mis à expérimenter avec du malt, en essayant de l'utiliser à la maison pour édulcorer des préparations. Après avoir cherché beaucoup trop loin dans des processus trop compliqués, j'ai finalement trouvé en toute simplicité une délicieuse recette pour faire du lait d'avoine maltée à la maison. (Vous pouvez remplacer l'avoine par du riz, du blé ou d'autres céréales, mais le lait d'avoine est particulièrement crémeux et délicieux).

Pour ceux qui s'intéressent à l'arrière-plan du processus: le malt est de l'orge (ou autre céréale) germé puis torréfié. Il contient des enzymes qui peuvent transformer l'amidon (une composante majeure de tous les grains et bien d'autres aliments) en maltose, un sucre complexe. Les enzymes qui nous intéressent le plus sont à leur plus actif entre 60 et 70° C. Au-dessus de 70 °C par contre ils sont détruits. Donc, l'astuce consiste simplement à garder le lait d'avoine, avec du malt ajouté, au moins pendant 2 heures dans les 60 °-70 °C, sans pour autant passer au-dessus de 70 °C. Vous pouvez acheter du malt dans les magasins qui vendent des fournitures de brasserie (voir e.a. le lien à côté). Si je comprend bien, les malts d'orge avec les "EBC" plus bas (donc vraiment les malts de base tout simples et moins chers), conviennent mieux, parce qu'ils ont plus d'enzymes actifs. Achetez-le entier, pas moulu.

Un "four sans feu" rendra le processus beaucoup plus facile. Vous pouvez facilement en improviser un en quelques minutes avec de simples couvertures ou édredons et un morceau de ficelle ou une boîte (en carton ou autre). (Des instructions détaillées bientôt sur ce blog). Outre les ustensiles de cuisine habituels, vous aurez également besoin d'un thermomètre de cuisine qui est assez précis entre 60 et 70 ° C.

Voici la recette.

Ingrédients:
- 2/3 de tasse de grains d'avoine entiers
- Une petite pincée de sel (facultatif)
- 1/4 de cuillère à café de cannelle en poudre, vanille, ... (facultatif)
- 1/3 de tasse de malt entier

Temps nécessaire:
En utilisant un four-sans-feu, vous n'aurez besoin que de trois fois environ 5 minutes de travail (une fois pour griller et mettre à ébullition l'avoine, une fois pour ajouter le malt et mixer le mélange, et une fois pour tamiser) dans un espace total de minimum 4 heures, mais qui peut être étendu comme cela vous convient - le processus peut être mis en "pause" pendant des heures ou toute une nuit à chaque étape si ça vous convient mieux.

  1. Griller l'avoine entière. Griller légèrement l'avoine entière (sans huile, à sec) dans une casserole à feu moyen jusqu'à ce que les grains soient légèrement dorés et commencent à sauter. Prenez soin de ne pas les brûler (s'il y a de la fumée blanche qui commence à se produire, c'est déjà trop). Griller leur donne une saveur de noisette et détruit (une partie de) l'acide phytique qui inhibe l'absorption des minéraux dans l'organisme. Ou, au lieu de griller, vous pouvez les tremper une nuit, et le matin jetez l'eau de trempage.
  2. Ajoutez de l'eau et portez à ébullition. Ajouter environ 5 ou 6 tasses d'eau, un tout petit peu de sel et porter à ébullition. Maintenant, mettez la casserole dans le four-sans-feu pendant deux heures ou plus (ou toute la nuit), ou continuer à faire bouillir sur le feu pendant environ 30-45 , jusqu'à ce que l'avoine soit bien cuit.
  3. Laissez refroidir jusqu'à moins de 70 °C.

    (Au lieu des étapes 1-3, vous pouvez aussi tout simplement ajouter de l'eau à des restes de riz cuit ou d'autres céréales cuites).

  4. Ajouter le malt, la cannelle, la vanille et/ou d'autres épices et herbes.
  5. Mixez le tout aussi fin que possible (sans exagérer). La consistence peut être comme du lait, ou plus épais jusqu'à celle de la pâte à crêpes, comme vous le préférez, mais je ne conseillerais pas plus épais. Si elle est trop épaisse, ajoutez de l'eau à ce stade, et mélangez bien.
  6. Chauffer le mélange au-dessus de 60 °C et aussi près que possible de 70 °C, mais sans passer les 70 °C! Remuez bien pendant que ça chauffe pour que le mélange entier ait la même température.
  7. Au moment où le mélange est à la bonne température, retirez-le du feu, fermez le couvercle, et mettez la casserole dans votre four-sans-feu pendant minimum 3-4 heures, et idéalement quelques 8 heures (ou toute une nuit). (En théorie, vous pouvez aussi le maintenir entre 60 et 70 °C sur le feu, en remuant bien , mais cela me semble très difficile...)
  8. Tamisez à travers un maillage fin (agiter le mélange et grattez les côtés intérieurs du tamis avec une cuillère afin de rouvrir les ouvertures obstruées).
  9. Portez le lait tamisé à ébulition pour arrêter l'activité enzymatique. La partie que vous ne consommez pas directement, vous pouvez verser bouillant dans des bocaux en verre propres, et serrez de suite le couvercle, de cette manière il se gardera plus longtemps. Une fois refroidi, gardez dans le réfrigérateur.
  10. Prêt! Bon appétit!

mercredi 13 mai 2009

Les sources de ce blog...

S'il ya un livre dans lequel j'ai trouvé tout ce que je cherchais en matière d'alimentation (et plus encore), c'est "Healing with whole foods - Asian Traditions and Modern Nutrition"(1) ("Guérir avec des aliments intégraux - Traditions Asiatiques et Nutrition Contemporaine") de Paul Pitchford. Il est extrêmement bien documenté, s'appuye sur des décennies d'expérience personnelle et professionnelle par l'auteur, combine des connaissances provenant de millénaires d'expérience humaine avec les dernières découvertes scientifiques, et surtout - l'auteur n'a pas l'intention de prouver quelque chose, il veut juste aider. Un véritable trésor pour l'humanité.

Le seul problème, pour ainsi dire, est qu'il s'agit d'un étude en profondeur de quelques 750 pages de long, qui nécessite beaucoup de concentration, de temps et d'effort pour seulement commencer à comprendre. Et dans ce vaste océan de connaissances et données profonds et souvent complexes, sont éparpillés comme de précieux joyaux, de choses très simples, très pratiques, mais indispensables et finalement peu connues, même par ceux qui s'intéressent dans une alimentation saine. Tout le monde qui prépare de la nourriture devrait les connaître, je trouve, je dirais même: tout le monde qui mange :), mais à cause de la complexité et la taille de cet oeuvre, très peu de gens vont le lire - ce qui est une vraie pitié.

(Vous trouverez aussi des citations d'autres sources, mais la grande majorité proviennent du livre de Paul Pitchford.)

J'ai donc collectionné une sélection de ces pierres précieuses universelles, que je voudrais proposer ici en forme de citations du livre, regroupés en thèmes, un thème par article. Et cela, je mélangerai avec certaines de mes expériences personnelles, en prenant soin de m'en tenir à ce que j'ai vraiment vécu, et laisser le bourdonnement de mon esprit névrotique en dehors de ces pages...

(1) Paul Pitchford, «Healing with Whole Foods: Asian Traditions and Modern Nutrition", North Atlantic Books; 3e édition (2002)

vendredi 24 avril 2009

Sucre: épuisement et déshydratation


(résumé personnel d'une partie de session d'informations donnée par le docteur Anne Verbist à Bruxelles en 2010. Remerciements à elle et à sa collaboratrice Charlotte Brumagne pour les infos vitales et pour la correction du texte!)

L’eau et le glucose sont les deux éléments essentiels dont les cellules de notre corps a besoin pour bien fonctionner. Le manque d’eau ou de glucose engendre un mauvais fonctionnement des cellules qui finiront mêmes par mourir et ainsi causer des problèmes
Or, concernant le glucose, il y a deux types de fonctionnement très différents qui résultent en un apport de glucose aux cellules du corps. Les deux ont comme résultat que les cellules sont nourries de glucose, mais en des circonstances très différentes, et avec des effets “secondaires” très différents.
  1. Le premier type de fonctionnement par rapport au glucose est celui qui passe par le glycogène. Ça va de pair avec une bonne digestion, et il s'agit d'un fonctionnement idéal (que très peu d'entre nous ont). En grandes lignes cela se déroule de la façon suivante:
  • on met des aliments dans la bouche
  • on mâche bien – c'est important de bien mâcher, principalement pour les deux raisons suivantes:
    • la salive contient des enzymes1 indispensables pour la digestion
    • En plus, c'est dans la bouche que le système nerveux “capte” ce qui est en train d'être mangé, pour ensuite envoyer un message vers les organes digestifs concernant le type d'enzymes qui devront être produits afin de les digérer. Sans avoir vraiment goûté ce qu'on a dans la bouche, le reste de la digestion sera moins que parfait par défaut des enzymes adéquats.
  • on avale, et dans l'estomac la digestion continue. Le milieu de l'estomac est en soi neutre et pour la digestion des féculents, sucres et légumes, il restera plus ou moins neutre. La digestion des protéines (surtout animales) par contre nécessite un milieu acide, mais dans un milieu acide, les enzymes pour les féculents et sucres seront désactivés, donc pas digérés. C'est pour cette raison qu'il peut être conseillé de manger d'abord les féculents et les sucres, tant que le milieu de l'estomac est toujours neutre. Après, idéalement avec une petite pause entre les deux, on mange les protéines. Au fur et à mesure que le milieu de l'estomac devient petit à petit plus acide (ça prend environ une heure pour arriver à l'acidité requise), les féculents et sucres auront eu le temps d'être digérés, et ensuite les protéines seront digérées à leur tour.
  • Puis la nourriture partiellement digérée passe de l'estomac au duodénum, la connexion entre l'estomac et l'intestin grêle, où la digestion continue grâce à l'injection de bile venant du foie et des sucs digestifs du pancréas. Les molécules qui ont été découpées une première fois dans l'estomac, seront ici coupées en de morceaux encore plus petits. Le milieu du duodénum n'est pas acide, mais au contraire, alcalin.
  • L'étape suivante est l'intestin grêle, une vraie usine chimique où les molécules des aliments seront encore une fois découpées en de morceaux encore plus petits, prêts à passer dans le sang maintenant. Il est intéressant de savoir que c'est la paroi de l'intestin grêle même qui fait passer ces petites molécules de manière active dans le sang. C'est donc l'intestin grêle qui « décide » de ce qui passe, quand, et en quelles quantités. Les éléments qui passent la paroi seront absorbés dans le sang par le système veineux qui entoure l'intestin et voyagerons vers le foie.
  • Et c'est le foie finalement qui produira le glycogène qui sera stocké dans le coeur, les muscles et le foie même.
Maintenant, s'il y a besoin de glucose, pas besoin de l'ingérer vite fait en forme de coca ou autre aliment contenant du glucose. Le corps fait simplement appel à sa réserve de glycogène pour produire soi-même le glucose nécessaire dans la quantité nécessaire et au rythme nécessaire. Pas de pics ni de vallées, mais une production équilibrée selon les besoins du moment.
Voilà le premier mode de fournir du glucose aux cellules.


  1. Or, il y a un deuxième mode de fonctionnement, qui, malheureusement, est beaucoup plus courant, et qui se fait par l'ingestion directe de glucose et qui va de pair avec la production d'adrénaline.
Donc l'énergie ne proviendra pas d'une transformation réglée et modérée de glycogène en glucose, mais d'une « injection » directe d'un shot de glucose – le fameux coca par exemple, mais pas seulement le coca, la liste des aliments en vente contenant du glucose est interminable. Le résultat sera un pic d'énergie démesuré causé par le glucose et l'adrénaline, suivi par une vallée, un coup de pompe. Mais pas seulement ça, il y a d'autres effets à court et à long terme qui sont désastreux.
Voici le fonctionnement glucose – adrénaline.
  • On ingère (des aliments contenant) du glucose.
  • le glucose entre dans l'estomac, et, au lieu de passer par tout le processus lent et contrôlé décrit ci-dessus (fonctionnement glycogène), il entre directement et de manière incontrôlée dans le sang. Donc pas de passage « actif » réglé, mais une vraie injection. Voilà pourquoi, quasi directement après l'ingestion, on se sent déjà plus énergétique.
  • Le sang reçoit donc ce shot de glucose. Mais le sang doit maintenir un équilibre très précis appelé homéostase. Il ne peut pas contenir trop ou trop peu de telle ou telle substance, ni augmenter ou baisser trop en volume, sans mettre en péril aigu la survie même de l'organisme. Cette injection soudaine et incontrôlée de tout ce glucose perturbe bien sûr l'homéostase et doit donc absolument être résolu dans les plus brefs délais.
  • Le corps entre donc en alerte rouge. Pour baisser ce taux de glucose dangereusement haut deux stratégies sont mises en œuvre.
    • D'un côté le pancréas est mobilisé pour produire sans tarder une grande quantité d'insuline.
      • Effet à court terme : dans un premier temps le taux de glucose baisse en effet, mais comme c'était une action d'urgence, trop
        d'insuline a été libéré. Le taux de glucose continuera donc à baisser même quand il est déjà rééquilibré, et environ une demi-heure ou une heure après on entre dans l'hypoglycémie, c'est-à-dire, le taux de glucose trop bas cette fois-ci. Ceci se manifeste comme … envie et même besoin réel de sucré, de glucose. Mais si on ingère de nouveau du glucose à ce moment (comme la plupart des gens le font), le tout recommence de nouveau, et on entre dans la spirale vicieuse assez connue de pics et vallées d'énergie et de la dépendance au sucre.
      • Effets à long terme :
        • des hypoglycémies récurrentes
        • par l'excès d'appels d'urgence au pancréas, celui-ci termine par se fatiguer et se détériorer et ne plus pouvoir fonctionner proprement : maladies graves comme par exemple le diabète.
    • La deuxième grande stratégie mis en œuvre d'urgence est de diluer le sang avec de l'eau. En y ajoutant de l'eau, naturellement le taux de glucose baissera aussi. Mais cette eau doit venir de quelque part, et le corps sera obligé de la retirer d'urgence de ses propres tissus.
      • Effet à court terme : le taux de glucose baisse bel et bien, mais bien sûr, le volume du sang augmente. Ceci aussi est en soi un déséquilibre dangereux de l'homéostase. L'excès d'eau est donc enlevé, encore en urgence, par les reins et l'urine. L'effet net est donc la perte d'une quantité d'eau provenant de différentes parties du corps qui se sont « sacrifiées » pour sauver l'homéostase.
      • Effet à long-terme : si ceci se reproduit régulièrement, le corps sera progressivement déshydraté. Et le problème est surtout qu'avec chaque coca (mais aussi le café, l'alcool, les jus de fruits, et toute autre boisson qui n'est pas de l'eau pure) la même histoire se répète, et même en buvant on se déshydrate encore plus.
  • Finalement, peut-être le pire de tout ça, c'est que la production d'une grande quantité d'insuline sera toujours accompagnée par la production d'une quantité d'adrénaline par les surrénales. Pourquoi c'est grave ?
    • L'adrénaline est l'hormone de la défense. Elle déclenche un fonctionnement de lutte. Ceci inclut :
      • le mental extrêmement rapide et « efficace » mais aussi réducteur et étroit : on a besoin de prendre des décisions rapides vitales, et ne se préoccupe pas des subtilités. On n'aura pas spécialement une vision à long terme ni beaucoup de considération pour autrui.
      • on ne sent pas, ou très peu, son propre corps, ses sensations et ses émotions. En circonstances de lutte ça peut être utile de ne pas sentir la douleur, la fatigue ou la tristesse et ainsi se sauver la vie même en étant blessé ou épuisé – voilà le sens de cet effet « stupéfiant » de l'adrénaline. Par contre, il est évident que maintenir cette manière de fonctionner à long terme, en vivant d'une injection de glucose/adrénaline à l'autre, est simplement désastreux pour la santé et pour la qualité de vie. En fait, on vit dans le stress continuel, on s'use progressivement, et en plus, le monde dans lequel on vit, se limite au pur mental en état de lutte, coupé des sensations corporels et des émotions subtiles2. De cette manière, un jour « du coup » on aura une maladie grave comme le cancer par exemple, tout simplement parce qu'on n'a littéralement pas senti, pas pu sentir, les maints messages subtiles et avertissements du corps au cours du temps.
    • Deuxième raison pour laquelle les coups d'adrénaline sont à éviter: en médecine orientale traditionnelle, on dit qu'on a deux énergies de base. L'une est celle que l'on produit quotidiennement à travers la digestion des aliments et qui est donc renouvelable; l'autre par contre est une énergie que l'on reçoit à la naissance, est qui n'est pas renouvelable. Et c'est justement cette dernière qui correspond en science occidentale à celle libéré par l'adrénaline. En d'autres mots, on n'en a qu'une quantité limitée, impossible d'augmenter au cours de notre vie. C'est une énergie précieuse dont on aura besoin aux moments difficils. Si on veut une longue vie saine, on a tout intérêt à la préserver, et donc, à faire le moins possible appel à l'adrénaline.
Donc, en résumé, l'ingestion de glucose :
  • cause des pics et des bas dans le taux de glucose du sang, et donc des pics et des bacs correspondants dans notre énergie et humeur
  • fatigue jusqu'à abîmer le pancréas (hypoglycémies puis diabète et autres troubles graves)
  • déclenche un fonctionnement de lutte, caractérisé par une conscience étroite dissociée des sensations subtiles du corps et des émotions. Déjà, c'est littéralement pas une vie, et puis, fatalement on ne sait pas prendre soin de soi-même dans un tel état, et on abuse progressivement plus de soi-même.
  • déshydrate le corps. Toutes les cellules du corps ont besoin d'eau, et finalement, en manque d'eau, dépériront.
Pour donner quelques exemples concrets de l'importance de l'eau en faisant le lien avec ce qui a été décrit plus haut :
  • en manque d'eau, les cellules «amortissantes» de la paroi de l'estomac, qui sont spécialement riches en eau, ne pourront pas protéger suffisamment l'estomac même contre ses propres acides, donc: brûlures, ulcères, inflammations, etc.
  • en manque d'eau, le pancréas ne pourra pas produire suffisamment de bicarbonate pour créer un milieu alcalin après l'estomac, et la digestion ne sera pas complète. Cet eau doit être présent dans les cellules du pancréas au moment même de la production de bicarbonate. C'est-à-dire, il doit être bien hydraté depuis longtemps, et les liquides présents dans l'estomac par exemple ne serviront à rien dans ce cadre. Et si la digestion n'est pas bonne, on perdra graduellement ses réserves de glycogène et on sera obligé de manger du glucose, avec tous les effets désastreux que cela entraîne, simplement pour survivre à court terme.
Donc, c'est très très important de ne pas se déshydrater, mais au contraire, d'être toujours bien pourvu d'eau dans chaque cellule du corps. Comment arriver à cela ?
  • Tout d'abord, bien sûr, boire suffisamment d'eau. Mais attention, ça doit être de l'eau pure (donc pas de jus, de thés, de café, et surtout pas de limonade, alcool, etc). Dès que l’eau est mélangée avec quoi que ce soit (à part un peu de sel), même si ce n'est qu'un peu de jus de citron, le corps le reconnaîtra comme de la nourriture diluée, et la digestion se mettra en marche. Or, pendant que le corps est en digestion, il n'y aura pas vraiment de la réhydratation. Cela veut aussi dire que l'estomac doit être vide au moment de boire cette eau réhydratante. Sinon, dans l'estomac elle sera mélangée avec les restes des aliments présents là, ce qui reviendra à la même chose que de boire de l'eau mélangée avec autre chose. L'estomac est vide environ une demi-heure après avoir manger des fruits, et deux heures après avoir manger un repas complet (même plus si on a mangé des nourritures animales). Les meilleurs moments pour se réhydrater sont le matin avant le petit-déjeuner, et une demi-heure avant les repas.
  • Et deuxièmement, essayer de ne pas se déshydrater. Donc éviter le glucose bien sûr mais aussi être conscient que tout autre excitant aura le même effet que le glucose : déshydratation et production d'adrénaline. Donc éviter le café, le chocolat (surtout le chocolat au lait et le chocolat blanc ; le vrai chocolat noir serait moins négatif), le thé qui contient de la théine, les cigarettes, l'alcool, etcétéra.
Avant de terminer, je voudrais attirer l'attention sur la situation des enfants, qui est en effet désastreuse. La très grande majorité des enfants reçoivent en effet d'importantes quantités de glucose quotidiennement – ouvertement par des bonbons, boissons sucrées, biscuits etcetera, mais aussi de manière cachée: aliments pour bébés, ketchup, mayonnaise, sauces, soupes, légumes surgelées, pizzas, pain, la liste est quasi interminable. Et puis, quand on leur donne à boire, on donne très rarement de l'eau pure, et encore moins entre les repas, mais plutôt des boissons sucrées ou des jus. Comme on a vu avant, le résultat est catastrophique : dépendance de glucose parce que la digestion devient de plus en plus faible, déshydratation, accélération puis dépression à cause du cercle vicieux glucose/adrénaline, etcétéra. Pourtant, on peut leur donner des choses sucrées qui ne contiennent pas de glucose (les sucres lents et les fruits), on peut leur donner de l'eau à boire entre les repas, et tous on y gagnerait – même les parents en ayant des enfants moins accélérés et de meilleure humeur, et en meilleure santé.
1les enzymes sont des molécules qui coupent d'autres molécules (dans ce cas des aliments) en morceaux
2Attention : l'accélération qui est un des effets de l'adrénaline est souvent confondue avec la gaieté et le bien-être, mais est bien autre chose.